Aie ! De l’ortie !


LA GRANDE ORTIE – Ortica dioida (famille des Urticacées)

DESCRIPTIF :

L’ortie est une plante annuelle de 50 cm à 1 mètre de grandeur avec de grandes feuilles opposées, pointues et dentées et de minuscules fleurs verdâtres. Réf. 1

Et bien sûr, si on la touche ou même si on l’effleure, elle pique ! Mais pourquoi ?

En fait, la tige et le dessus des feuilles de l’ortie sont couvertes d’innombrables petits poils qui correspondent à des petits tubes de silice très fragiles. L’extrémité de ces tubes se casse au moindre contact et ce sont eux qui nous coupent la peau quand on l’effleure. Réf. 2

En plus, si on casse ces poils en voulant ramasser l’ortie, ces poils libèrent de l’histamine et de l’acide formique qui sont responsables des démangeaisons et des rougeurs. Réf. 3

Donc pour ne pas se faire piquer, ramasser l’ortie par le dessous de la feuille (qui est dépourvu de poils) et si vous vous faîtes tout de même piquer, n’hésitez à ramasser quelques feuilles de plantain et de les frotter à l’endroit de la brûlure.

PRINCIPAUX ACTIFS :

Le rhizome renferme des polysaccharides, des tanins, des composés phénoliques et des lignâmes. Réf. 2

Mais ce sont les feuilles qui sont les plus employées au niveau thérapeutiques car elles contiennent des flavonoïdes (aux propriétés anti-oxydantes), des composés phénoliques et des acides organiques. Réf. 4

Au niveau nutritionnel, l’ortie est également intéressante car elle renferme des oligo-éléments en grande quantité :

– du calcium (360 mg pour 100 gr de plante), soit 3 fois plus que dans un verre de lait demi écrémé,

– du magnésium (71 mg /100 gr), même quantité que dans 24 amandes environ,

– du potassium (410 mg/100gr), soit autant que dans 50 gr de germe de blé,

– du fer (7.8 mg /100gr), ce qui correspond à 2.5 fois plus de fer que dans 100 gr d’épinards.

Elle contient aussi beaucoup de vitamine C (333 mg/100 gr), soit 6 fois plus de vitamine C que dans 100 gr d’oranges. Réf. 5

De plus c’est une des plantes la plus riche en protéine, jusqu’à 40 % de son poids secs ( 8 gr /100 gr) avec la même proportion en acides aminés que celle de la viande ! Réf. 5

UTILISATION :

De part sa richesse en minéraux, vitamines et oligo-éléments, l’ortie est considérée comme un excellent tonifiant et reminéralisant. Réf. 3

Elle permet aussi de nettoyer l’organisme chargé de toxines (notamment élimination de l’urée et de l’acide urique) grâce à ses propriétés drainantes, dépuratives et diurétiques. Réf. 3

Elle présente donc une activité intéressante : nettoyage de l’organisme sans perte de minéraux !

De part son action anti-inflammatoire, les feuilles d’ortie sont utilisées contre les douleurs rhumatismales, l’arthrite et l’inflammation des voies urinaires. Réf. 2

Son mécanisme proviendrait de la stimulation des processus anti-inflammatoire en inhibant la synthèse de nombreux composés inflammatoires . Réf. 4

Exemple de tisane utilisée en cas de rhumatismes :

10 gr de feuilles de bouleau (Betula pubescens) + 10 gr de feuilles de cassis (Ribes nigrum) + 30 gr de feuilles d’ortie (Urtica dioica) + 30 gr de sommités de reine des prés (Filipendula ulmaria)

mettre 1 cuillère à coupe du mélange de plante par tasse d’eau bouillante et laisser infuser 10 minutes avant de déguster. Prenez 3 à 4 tasses par jour jusqu’à ce que l’inflammation se calme. Réf. 1

De plus, son jus peut être utilisé pour soulager justement les piqûres d’orties, ainsi que tout type de démangeaison.

PRÉCAUTIONS D’EMPLOI :

En raison de son effet diurétique, l’ortie n’est pas conseillé en cas de certaines maladies cardiaques ou problèmes d’œdème.

A prendre avec précaution en cas de prise d’anticoagulant de part la forte présence de potassium ou en cas d’hémochromatose à cause de sa richesse en fer.

AUTRES USAGES :

L’ortie est aussi intéressante de part ses bonnes vertus nutritionnelles .

Elle est même préférable à l’épinard car elle ne contient pas d’oxalates (susceptibles de favoriser la formation de calculs rénaux) et c’est une plante très alcalinisante.

Ainsi, elle peut être manger cru, en salade, (préférer alors les jeunes pousses ainsi que les feuilles terminales) ou cuite en soupe, soufflé ou quiche. Réf. 2

RÉFÉRENCES :

Réf. 1 : « Secrets des plantes », Pierre M. et Lis M., édition Artémis, 2014

Réf. 2 : « Le petit Larousse des plantes qui guérissent », Debuigne G. et Couplan F, édition Larousse, 2014

Réf. 3 : « Les plantes », Dr Labescat, édition Cogld, 2011

Réf. 4 : « Traité pratique de phytothérapie », Dr Morel J.M, édition Grancher, 2015

Réf. 5 : « Guide nutritionnel des plantes sauvages et cultivées », Couplan F., édition Delachaux et Niestlé, 2011