Enfin le romarin !



RomarinDescriptif :

Ce petit arbuste est assez répandu dans tout le pourtour méditerranéen. Ses tiges sont ligneuses et couvertes de feuilles opposées, lancéolées, assez semblables à des aiguilles de conifères. Les fleurs, bleu pâle, sont groupées en petites grappes courtes à l’aisselle des feuilles. Toute la plante dégage une odeur caractéristique entre le camphre et l’encens d’où son autre nom : « l’encensier « . Réf. 1

Principaux composants :

Les sommités fleuries contiennent des flavonoïdes (qui ont des propriétés anti-oxydantes), des tanins, des diterpènes (propriétés anti-inflammatoires et anti bactériennes), des acides phénols comme l’acide rosmarinique et des huiles essentielles (entre 1 et 2,5%). Réf. 1

Propriétés thérapeutiques de la plante entière :

Le romarin a une action générale stimulante, il permet d’augmenter le tonus général chez les personnes convalescentes et d’améliorer la circulation du sang en particulier la circulation cérébrale.

Il stimule tout le système digestif et agit donc sur les digestions lentes et difficiles. De plus, il a un effet anti-oxydante de part la présence de flavonoïdes et de diterpènes et permet ainsi la protection des cellules du foie vis à vis de composés toxiques oxydants.

De manière plus précise, il stimule les fonctions biliaires et hépatiques, agit sur la congestion du foie, diminue l’inflammation de la vésicule biliaire et augmente la sécrétion biliaire. Réf. 2

Cette action cholérétique est deux fois plus importante chez la jeune pousse que dans la plante entière. Le macérât de jeunes pousses stimule aussi une enzyme de détoxification (le glutathion) et aide les cofacteurs comme le sélénium, les vitamines A, C et E dans le processus anti-oxydant. En revanche, il ne doit pas être utilisé à trop forte dose, ni sur une période trop longue. Il doit être conseiller en alternance avec d’autres remèdes. Réf. 3

Propriétés thérapeutiques de l’huile essentielle (HE) :

Il existe plusieurs espèces différentes (appelés aussi chémotypes) selon leur composition chimique et selon l’origine géographique de la plante. Leur nom est donné en fonction du composé actif qui prédomine :

le romarin à camphre : il est originaire de France et d’Espagne, son huile essentielle est surtout utilisé en usage externe de part ses propriétés analgésiques et relaxantes des muscles ;

le romarin à verbénone : il provient de Corse, son HE a des effets hépato-protecteurs et draineurs au niveau de la vésicule biliaire, il est utilisé en cas de congestion hépatique et vésiculaire, de cirrhose ou d’hépatite. Il faut toujours l’utiliser à faible dose et sur une courte période car l’ HE peut être neurotoxique à forte dose à cause de la présence de camphre ;

le romarin à 1-8 cinéole : il est cultivé au Maroc et en Tunisie, son HE a une action expectorante et antiseptique pulmonaire, il est utilisé dans les infections des voies respiratoires avec encombrement muqueux. Réf. 4

Je rappelle que les huiles essentielles sont contre indiquées chez la femme enceinte, chez les enfants de moins de 7 ans et ne doivent pas être utilisé pur sur la peau (sauf exception). Si l’huile essentielle de romarin est consommé en excès, elle peut s’avérer toxique et peut provoquer des malaises épileptiques de part la présence de camphre en plus ou mois grande quantité selon le chémotype.

Usage traditionnel :

On peut consommer des infusions de sommités fleuries de romarin à raison de 15 grammes par litre (puis laisser infuser 15 minutes) pour les lenteurs digestives et pour favoriser l’élimination de la bile. Réf. 2

Le macérât mère de bourgeons de romarin pourra être utilisé à raison de 15 gouttes le matin ou avant le repas de midi pour protéger le foie ou en association avec des médicaments toxiques pour le foie. Réf. 5042

Ou sinon, pour apprécier juste sa saveur suave, vous pouvez aussi laisser tremper une branche de romarin dans votre huile d’olive (qui doit être toujours de première pression à froid !) pour rajouter un brin de garrigue dans vos assiettes !!!

Réf. 1 : »Secrets de plantes pour se soigner naturellement », Michel Pierre et Michel Lis, 2014
Réf. 2 : »Le petit Larousse des plantes qui guérissent », Gérard Debuigne et François Couplan, 2014
Réf. 3 :« La phytembryothérapie« , Dr Ledoux et Dr Guénior, Édition Amerys, 2012
Réf. 4 :« L’aromathérapie« , Baudoux Dominique, Édition Amerys, 2014
Réf. 5:« Le guide de la gemmothérapie« , Dr Morel Jean-Michel, First Edition, 2012